Num_riser0004   "Ici, l'onde",      Num_riser0001       de François Reynaert, Le nouvel Observateur  n° 2279

       La chronique est très bien écrite, le ton volontairement ironique et décalé, de l'humour au deuxième degré. Je ne dois pas beaucoup me tromper.
       Doit-on se fâcher d'une telle approche qui minimiserait la problématique actuelle des ondes.? Personnellement, cela m'a amusé un brin et beaucoup plu dans le style, même si la conclusion laisserait à penser qu'il faille  une nouvelle fois courber l'échine et attendre que l'orage passe.
        Un des avantages indéniables de ces chroniqueurs qui rient ou se gaussent de tout et de rien, c'est qu'ils font néanmoins passer un message et que leurs informations ne sont pas erronées.
          - Il est vrai que des scientifiques de Clermont-Ferrand essaient de démontrer l'effet des ondes pulsées sur les végétaux, avec le constat que ceux-ci (des plants de tomate en l'occurrence) tendraient à produire des hormones de stress en présence des ondes de plus de  900MHz.
         - Il est vrai que le Dr Servan- Schreiber et consort ont alerté l'opinion publique sur la dangerosité des téléphones portables et que l'Académie de médecine s'est insurgée en faux devant cette affirmation. Mais quand on étudie un peu l'histoire des sciences, on sait que , par définition, les Académies, que ce soit des Sciences ou de Médecine, sont un tantinet conservatrices et surtout, oh non, surtout, ne prennent pas de risque si ce qui est affirmé par un n'est pas vérifié et corroboré par mille ! J'exagère un peu, mais si peu !
          - Il est vrai que les pouvoirs publics, face au ramdam des associations, ont commencé à chuchoter sur le sujet et à parler du principe de précaution avec l'utilisation des oreillettes et autres ersatz d'appareils protecteurs.
         - Il est encore plus vrai que l'on nous dit de ne pas vivre trop près des boîtiers Wi Fi et que le "Mais il faut vivre où alors" est une phrase d'une justesse profonde. Si vous saviez, M. Reynaert, combien de fois cette phrase peut être dite par des personnes électrosensibles qui cherchent désespérément un endroit où laisser reposer leurs neurones, leur cerveau ou leur peau en paix !

        Tout ce que vous dites est vrai avec un ton de dérision. Pourtant, je ne peux adhérer à votre conclusion. "Mourra - t- on d'avoir trop téléphoné ?". Non, monsieur, vous n'en mourrez pas ! Ah, mais alors, me direz vous, pas de panique  ! Vous aurez effectivement résisté à la vache folle, la grippe aviaire et à la couche d'ozone.
        Non, Monsieur. Vous n'en mourrez pas... vous en souffrirez ! Et c'est cela qui est grave, car la douleur, que vous ne soupçonnez pas, est une torture que le monde aura infligé à tous, pour aller plus vite, sans avoir eu la décence de vérifier avant l'innocuité. Mais entre cupidité et innocuité, notre société a depuis longtemps choisi. Les exemples que vous avez cités l'ont prouvé.
        La population n'en est pas morte... mais une partie d'entre elle souffre. Est-ce acceptable ?